Licorice Pizza (2022), de Paul Thomas Anderson

Un nouveau coup réussi pour PTA. On retrouve ce décalage léger vers l’absurde qui convient si bien aux années 70 chéries du réalisateur. On se délecte une nouvelle fois de son utilisation savante de la pellicule et de son grain devenu si rare. On rit, comme jamais peut-être devant un de ses films. Et on aime ses personnages, qui au détour d’un plan face caméra semblent se libérer des contraintes du monde. On pourra regretter que PTA cette fois-ci ne parvienne pas à rouvrir les portes du figural comme il l’avait fait dans Master, Inherent Vice ou Punch Drunk Love. Mais tant pis pour cette fois, car sa mise en scène savoureuse sert un film d’une fraîcheur et d’une inventivité revigorantes par les temps qui court. Surtout, on constatera que la beauté plastique de ses films est maintenant à chaque fois une évidence. Les couleurs, les lumières, les cadrages, surcadrages, hors-champs participent de faire de ses compositions en mouvement un régal esthétique. Et sans perdre en vitamine ni force cinétique. Car à l’instar de ses personnages/acteurs, Licorice Pizza est un film qui part au quart de tour, s’arrête parfois pour scruter intensément son environnement avant de reprendre sa course de plus belle jusqu’à ce qu’un mur ou le vide ne vienne le stopper.