Re-animator (1985), de Stuart Gordon – ★★ –

Daniel Cain, étudiant interne en médecine, accueille Herbert West, un autre étudiant revenu de Suisse, en colocation. Mais ce dernier, énigmatique, semble obsédé par des recherches scientifiques des plus douteuses et dangereuses… Plusieurs choses sont ridicules dans Re-animator, ses personnages et leurs relations sont quelque peu alambiqués, ses facilités scénaristiques un peu grosses, etc. Et pourtant, quelque chose nous accroche à ce film et nous le rend fichtrement sympathique, ludique et délectable. C’est cette inventivité. Ce plaisir évident des créateurs, de ses artisans de l’horreur de pousser jusqu’au bout leurs idées. Ce qui ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer, les surprises s’enchaînent les unes après les autres, plus loufoques, plus épatantes chaque fois dans leur confection. On ne se prive de rien, on ose le répugnant, le dégueulasse, l’insoutenable mais on le teinte parfois d’érotisme pour le plaisir de créer. Le tout dans un général pied de nez à toute morale : pas de mea culpa, pas de rédemption ni de morale de fin. En soi, Re-animator est un film de série B pur jus, fait par des passionnés du handcraft qui adore cette liberté de tout dire et tout montrer. Et surtout de jouer. Mentions spéciales au générique de début digne de Saul Bass et à ce thème musical formidablement stimulant.