The Blade (1995), de Tsui Hark – ★★ –

                Réinterprétation du sabreur manchot, le film suit le parcours atroce du jeune orphelin Ding On en quête de vengeance… Tsui Hark ne perd pas de temps. Il raconte en 1h40 une histoire qui aurait nécessité sans doute 3h. En découle un film tout entier porté vers l’action et qui résonne avec la fuite en avant de films comme Mad Max : Fury Road (George Miller, 2014) – on remarque d’ailleurs une utilisation assez similaire de la musique dans les deux films, qui se charge tout à la fois d’impulser et d’amplifier ce mouvement frénétique. Le chaos général de l’histoire et des personnages se ressent dans la mise en scène, la caméra semblant courir sans cesse après l’action de ses personnages, tout en se laissant distraire par tout et n’importe quoi. Mais l’on sent pointé un lyrisme étouffé, presque dévoyé, qui teinte le film de désespoir impétueux. On a du mal à comprendre ce qui nous arrive face à The Blade, mais cette expérience visuelle subie à la vitesse d’un coup de feu est un tournant du film d’action contemporain, qui a nourrit le meilleur comme le pire.

Détective Dee 2 : La Légende du Dragon des Mers (2013), Tsui Hark – ★★ –

Le détective Dee Renjie est de retour, mais l’on suit cette fois sa jeunesse. Plus précisément son entrée au Temple Suprême en pleine période de guerre. Très vite, le flair du jeune détective le mènera à révéler et tenter d’empêcher un complot visant la cour impériale… Passés les effets numériques un peu bancals, le second volet de la saga de Tsui Hark est un régal pour les yeux et l’imagination. Ce dernier semble avoir trouvé avec les occurrences de ce détective génial un fonds inépuisable d’idées fantaisistes et de mythes affriolants. Véritable patchwork d’essais plastiques aux couleurs luxueuses sur tous les plans et même entre eux, La légende du Dragon des Mers est un film classe, abondant où l’on sent partout le plaisir presque enfantin de Tsui Hark à le tourner et son appétit d’en faire encore plus.