Promare (2019), de Hiroyuki Imaishi – ● –

“Hey, regardez comme on est dingue ? Vous avez vu ça, toute cette créativité de dingue ? On a du mouvement de dingues et des couleurs de dingue ! En plus, on est vraiment des dingues niveau scénar’ et personnages ! Z’avez-vu ça ? Incroyables, comme on est dingue ! Haha regardez ! C’est la même chose que depuis le début mais encore plus rapide et dingue ! C’dingue !” 

Plus sérieusement, l’animation est au niveau, mais qu’est-ce qu’on s’emmerde. Tout va trop vite. C’est uniquement ostentatoire. Où sont donc passés l’originalité et le ton subversif de Dead Leaves ? Perdus dans quinze années de lissage en studios. On refait sans cesse la même chose parce que ça marche et qu’en plus tous nos fans vont crier partout au chef d’œuvre, crier qu’on est les seuls à faire de la “vraie” animation. Mais la vérité c’est qu’on nous ressert le modèle Gurren Lagan et Kill la Kill, sans aucune profondeur que celle de vouloir faire “décalé et jouissif”. Mais de décalé, il n’y a plus rien, et le jouissif n’arrive que lorsque ça s’arrête. Tout est d’une banalité extrême (le scénario, les personnages, l’univers, etc.), c’est extrêmement poussif, jusqu’à faire dire aux personnages eux-mêmes que tout ça est dingue, comme s’il fallait qu’ils convainquent les spectateurs, ou bien les créateurs eux-mêmes.