The Blind Woman’s Curse (1970), de Teruo Ishii – ★★★ –

Voilà une pépite de la Nikkatsu qui, sous ses airs de films de série B industriel, se paie l’ambition de croiser yakuza-eiga, pinku-eiga et kaidan-eiga. Rares sont les films qui peuvent se targuer de réaliser ce mélange des genres avec une telle maîtrise, oscillant entre plusieurs émotions et effets avec justesse. Drôle parfois et léger la plupart du temps, il évite l’écueil de la parodie, issue de secours de ce genre d’entreprises souvent hasardeuses. The Blind Woman’s Curse possède également de riches personnages féminins, sans qu’il ne se fasse mousser pour cela : sans doute peut-on dire que l’on tient là un film naturellement féministe, comme on aimerait en voir tous les jours, simple et adéquat. Et lorsque l’on saupoudre le tout d’un grain de folie, voire de kitsch dans sa mise en scène et ses couleurs, finissant d’affiner son charme, on tient assurément un film de genre que l’on chérit amoureusement dans sa bibliothèque cinéphile. Comme un bonbon pop et acidulé qu’on n’a que trop peu l’occasion de savourer.