La soupe au canard (1933), de Leo McCarey – ★★★ –

Le pays de Freedonia, largement endetté et victime d’une tentative d’envahissement par son pays voisin, est contraint pour obtenir l’aide financière nécessaire, de nommer Rufus T. Firefly (Groucho Marx) au pouvoir… Une comédie délicieusement nihiliste au rythme effréné et à l’excentricité unique chez les Marx. C’est un plaisir régressif de tout en envoyer valser, partagé entre acteurs et spectateurs. De la classe politique, aux guerres, à la logique, et même jusqu’au langage. Car Groucho trouve ici sans doute son rôle le plus mordant : il torpille sans cesse tout discours par une simple phrase, par des logiques absconses dont l’ironie vire à la diatribe par l’absurde. A la direction, Leo McCarey livre aux Marx Bros. leur film le plus abouti et jusqu’au-boutiste. Sans compter des scènes parmi les plus mythiques et hilarantes de la comédie américaine depuis la fin du muet. Tout est ridicule, autant s’en amuser tant qu’on le peut.