Lesson of Evil (2012), de Takashi Miike – ★ –

                D’étranges incidents surviennent dans un lycée après l’arrivée du professeur Hasumi, en apparence brillant… Enième film de genre japonais sur des adolescents, Lesson of evil est réussi, et ce n’est pas rien de la souligner lorsqu’il s’agit d’une adaptation live d’un manga. Le propos, un tantinet politique, est évident, presque trop gros. Mais comme toujours chez Miike, la violence et jusqu’au-boutisme y sont si poussés que le tout reste cohérent. On notera néanmoins cette épine dans le pied qu’est le dernier plan du film. Car il est bien beau de clôturer le long-métrage par l’annonce d’une suite, encore faut-il qu’elle soit justifiable ou qu’elle existe, tout simplement. Reste un film quelque peu envoûtant, où le déchaînement de violence rebute autant qu’il fascine. C’est vraiment sur ce point que Miike excelle : sa mise en scène oscille entre le mysticisme de son personnage et la froideur de ses actions. A l’instar de cette chanson à l’ironie cruelle de L’opéra de quat’sous de Bertolt Brecht, qui revient à intervalles réguliers dans le film et donne au tout un caractère schizophrène.

As the Gods Will (2014), Takashi Miike – ● –

Takashi Miike, fidèle à sa réputation du plus otaku des réalisateurs, propose une nouvelle adaptation de manga, en l’occurrence un « survival lycéen » du nom de As the gods will. Passé le choc de son introduction et le What the fuck ? qui nous échappe, le film se recalibre très vite sur une ligne narrative plus banale et franchement très pauvre. Miike n’évite donc pas l’écueil dans lequel tombe la plupart de ses œuvres à pitch : passé le premier chapitre – ici les quinze premières minutes – on ne trouve plus beaucoup d’intérêt à suivre la suite, ce genre consistant à enfermer des adolescents dans une suite de jeux meurtriers, on ne sait trop par qui ni pour quelle raison, étant éculé depuis maintenant bon nombre d’années. Car on le sait maintenant, et ce n’est pas l’émergence de la version américaine de ce genre (on pense à Hunger Games) qui nous aura redonné espoir, ce type de films n’a rien donné de bon depuis sa première occurrence – devrait-on plutôt dire influence majeure – Battle royale. De surcroît, Miike, semblant préférer les effusions de sang à tout le reste, ne modifie que peu l matériau de base déjà extrêmement pauvre et copie-colle au cinéma le scénario stéréotypé et les personnages sans profondeur de ce dernier. Même cette grossière parabole religieuse qui justifie ce jeu de massacre et qui, assez pensée et transformée, pourrait être intéressante, est finalement exempte de toute réflexion et réduite à sa plus simple utilité scénaristique. Le tout en nous délivrant une fin sans résolution, explicitement tournée vers une suite qui ne verra jamais le jour et rend donc obsolètes des scènes entières du film.