Cemetery of Splendour (2015), Apichatpong Weerasethakul – ★★★★ –

M’est revenu en tête une maxime de Bresson dans ses Notes sur le Cinématographe : « Cinématographe, art militaire. Préparer un film comme une bataille. » Il rajoute en bas de page : « A Hedin, nous étions logés à l’Hôtel de France. Pendant la nuit, me poursuivait le mot de Napoléon : « Je fais mes plans de bataille avec l’esprit de mes soldats endormis ». » Le film de Weerasethakul prend alors pour moi une dimension plus grande : métaphore de la création cinématographique, Weerasethakul est le chef de guerre qui guide ses acteurs aux figures presque inanimées, bouches béantes, errant dans un monde aux frontières entre réel et imaginaire floues.