Wargames (1983), de John Badham – ★★ –

                Un adolescent doué pour l’informatique pirate par mégarde l’ordinateur de la Défense chargé de contrôler les ogives nucléaires américaines… J’entends ici et là dire que War Games a mal vieilli. Que nenni ! je ne suis pas de cet avis. Certes, il comporte des grosses ficelles, la présence d’adolescents à un tel endroit de responsabilité est quelque peu farfelue Mais on ne peut voir là qu’un signe de son époque hollywoodienne, le cinéma de ce temps faisant la part belle aux enfants et adolescents. Comme son optimisme d’ailleurs, qui ne se manifesterait plus de nos jours. Or, ceci mis à part, je pense que le film de John Badham fonctionne toujours aussi bien. Ses personnages d’abord, moins clichés que ceux que l’on trouverait aujourd’hui pour le même récit. Son propos ensuite : l’intelligence artificielle dangereuse, trop logique, sans empathie et valeurs. Cela reste une question d’actualité, qu’elle soit scientifique ou cinématographique. Mais ce pour quoi War Games traverse les âges, c’est qu’il ne s’agit pas plus d’une critique du progrès informatique que d’une critique de l’absurdité des actions humaines, la Guerre Froide en étant l’illustration parfaite. Comme souvent, la machine, l’ennemi premier, s’avère n’être que l’outil de l’homme pour son autodestruction. Le spectateur d’aujourd’hui y accolera sans doute des questions écologiques, ceci rappelant quelques notions de collapsologie. Alors certes, tout ceci n’est pas bien poussée, mais ça marche, et le film nous garantit un spectacle réjouissant. Et de toute façon, on adore Matthew Broderick, alors…