Soif de Justice (1984), de Sammo Hung Kam-bo – ★★ –

                Film méconnu de la filmographie de Jackie Chan, Soif de justice est pourtant l’un de ses films les plus sympathiques. C’est l’affaire sans aucun doute de son trio de protagonistes attachants dont l’alchimie est exquise. On tient là un de ces buddy movies si chers à la cinéphilie de Tarantino : un film que l’on regarde pour passer un temps avec ses personnages, que l’on considère presque comme des potes. Série B au vernis kitsch, Soif de justice est un film imparfait, aux défauts assumés. Mais l’on ressent le plaisir des acteurs, dont l’un est le réalisateur, à tourner. Les répliques fusent à la même vitesse que les coups poings et pieds, le verbe devenant une arme à double tranchant : l’incisive se parant toujours d’une pointe d’humour très plaisante. Savourez-le comme il se doit, car il ne se pare d’aucun artifice, c’est un film d’amis qui veulent s’amuser à chaque scène. Et cette joie est communicative.

Barres (1984), Luc Moullet – ★★★ –

Drôle de documentaire sinon Barres de Luc Moullet. Clairement politique dans ce propose, il est aussi totalement mis en scène, et ne se gêne de le montrer. La mise en scène tout en décalage ironique, très drôle, permet ici au cinéaste d’appuyer une vindicative féroce contre la campagne de prévention anti-fraude de la RATP de l’époque. Il s’agit pour lui d’aller au bout d’une logique, démontrant ainsi la stupidité d’un embrigadement toujours plus grand entre fraude et répression. Peu importe que cela soit mis en scène, parfois de manière burlesque, voire surréaliste, la réalité suggérée est connue de tous les parisiens. Et les excès de cette réalité mise en image par Moullet se charge alors d’une puissance politique et libertaire qui, à défaut d’être réaliste, est d’autant plus réjouissante et vigoureuse.