The Blade (1995), de Tsui Hark – ★★ –

                Réinterprétation du sabreur manchot, le film suit le parcours atroce du jeune orphelin Ding On en quête de vengeance… Tsui Hark ne perd pas de temps. Il raconte en 1h40 une histoire qui aurait nécessité sans doute 3h. En découle un film tout entier porté vers l’action et qui résonne avec la fuite en avant de films comme Mad Max : Fury Road (George Miller, 2014) – on remarque d’ailleurs une utilisation assez similaire de la musique dans les deux films, qui se charge tout à la fois d’impulser et d’amplifier ce mouvement frénétique. Le chaos général de l’histoire et des personnages se ressent dans la mise en scène, la caméra semblant courir sans cesse après l’action de ses personnages, tout en se laissant distraire par tout et n’importe quoi. Mais l’on sent pointé un lyrisme étouffé, presque dévoyé, qui teinte le film de désespoir impétueux. On a du mal à comprendre ce qui nous arrive face à The Blade, mais cette expérience visuelle subie à la vitesse d’un coup de feu est un tournant du film d’action contemporain, qui a nourrit le meilleur comme le pire.