The Descendants (2011), d’Alexander Payne – ● –

                Alexander Payne traite encore et toujours de l’absence de l’être aimé chez son personnage principal, ici un bourgeois à l’allure et au charme soporifique interprété par George Clooney. Ce dernier, dont le jeu est complètement éteint, participe avec une bande-son des plus enquiquinantes, de la monotonie frustrante du film. Le film semble être réglé sur un métronome (sans doute le bip de la machine médicale qui tient la femme du protagoniste dans le coma) tout du long, en appuyant de manière récurrente sur le pathos de cette situation familiale pour le moins dramatique. Pas une fois Payne ne réussit à aérer son film. Pourtant, il semble essayer. Un personnage secondaire, Syd, est sur ce point éloquent : élément « comique » grossier et grossièrement écrit, qui devient après quelques boutades rapidement un énième tire-larme. Tout ce qui aurait donné quelques peps à cette histoire et à la mise en scène est émoussé, affadi. Se dégage de ce film un effet « petits mouchoirs » : absolument rien à foutre de ces bourgeois qui possèdent la moitié de Hawaï, marchent pieds nus, ont des accidents d’hoverboard, se détestent tous gentiment et se trompent régulièrement. Pour profiter du panorama magnifique que possède Hawaï, on préférera sans hésiter la compagnie des personnages du Welcome Back (2015) de Cameron Crowe, beaucoup moins prétentieux, ennuyeux et de loin beaucoup plus vivants.